De Majorelle à la Romanée-Conti, des pépites sur la Croisette - Gazette Drouot du 16/04/2023

Bracelet Alexandre REZA
Bracelet Alexandre REZA
Vendu 27600€

On commencera par le lot le plus spectaculaire de la dispersion : une sinueuse applique en bronze doré (121 x 54 cm) composée d’une monture de Majorelle, dans sa dorure d’origine, et de six tulipes signées Daum (deux d’entre elles manquant à l’appel). Ces dernières sont en verre soufflé à deux couches, de couleur bleu gentiane sur fond blanc, dégagées à l’acide. Outre son esthétique des plus caractéristiques de l’art nouveau, sa valeur était augmentée par le fait qu’il s’agissait d’une pièce hors série, sur commande spéciale pour l’Exposition internationale de Nancy en 1909. Aussi, cet artefact a pu être disputé jusqu’à 46450€. Côté cimaises, on proposait de beaux morceaux de peinture moderne, dont un des plus plébiscités était la toile du néoimpressionniste Maximilien Luce, représentant Madame Bouin et datée de 1901 ; cette huile (41 x 33 cm), témoignant du retour de l’artiste à une facture plus traditionnelle que son pointillisme premier, décrochait 32000€. Il s’agit sans nul doute du portrait d’Ambroisine Bouin, jeune fille rencontrée en 1893 et qui deviendra sa compagne, avant leur mariage en 1940.

Pour une expression plus contemporaine, il y avait aussi l’œuvre de Jean Messagier, Sans titre (117 x 205 cm), marquée par la spontanéité gestuelle de son créateur. À la croisée de l’abstraction lyrique et de l’art informel, son art fait la part belle à la couleur, comme ici (23850€). Robert Combas, proposait une Danse tribale, diptyque au rythme endiablé de 1985 à l’acrylique sur papier (100 x 74 cm), et obtenant 23850€. Enfin, les nombreux bijoux de haute joaillerie se rangeaient derrière un somptueux bracelet-ligne de la maison Cartier, en or blanc serti de 34 diamants de taille brillant, couleur estimée D/E/F et pureté IF/VS, pour un total d’environ 10 ct (l. 17,30 cm, poids brut : 20,30 g), porté pour 34150€. En revanche, la Ligne indéterminée dessinée par Bernar Vernet (voir Gazette n°13, page 165) n’a pas trouvé preneur.


Lustre Daum & Majorelle

Daum et Majorelle. Applique à six lumières (deux tulipes manquantes), monture Majorelle en bronze doré, tulipes signées Daum en verre soufflé, 121 x 54 cm (l’applique). Adjugé : 46450€


JG DOMERGUE - Femme au bouquet

Jean-Gabriel Domergue (1889-1962) – « l’inventeur de la pin-up » selon ses propres paroles –, livre à nouveau son idéal féminin avec cette Femme au bouquet. L’huile sur panneau signée (46 x 38 cm), représentant un jeune modèle blond, dénudé et gracile, est en fait le tableau préparatoire à l’affiche vantant les charmes de Monte-Carlo. Il l’a réalisé à la demande de la Principauté autour de 1950, mais ce n’est que l’un de tous ceux consacrés à la cité monégasque depuis les années 1930. Aussi a-t-il été vendu 37650€, triplant son estimation haute.


Bracelet REZA

Le lundi 10 avril, au cœur de la vente de bijoux signés, se faisait désirer ce baroque bracelet signé par le joaillier parisien Alexandre Reza, finalement bataillé jusqu’à 27600€. Il est réalisé en or jaune à sections articulées, son décor d’enroulement étant serti d’environ 8,60 ct de diamants et de huit belles émeraudes taillées en poire d’un vert profond, probablement colombiennes et pour un total d’environ 7,90 ct (les principales pesant 1,20 et 1,10 ct). Portant le poinçon de maître, l’accessoire mesure 16 cm de long, pour un poids brut de 41,60 g.


Montre CARTIER Tortue

Vedettes des ventes cannoises, les montres Cartier étaient représentées, entre autres, par ce modèle « Tortue » (réf. «2645 cal 430. Mc»), emporté contre 20100€. Le boîtier de cet exemplaire rare est réalisé en or rose, et son cadran serti d’environ 2 ct de diamants de taille brillant, avec fond métallisé. Le remontoir est aussi orné d’un diamant, pour un mouvement automatique Cartier. Naturellement, le garde-temps présente un bracelet en or rose avec boucle déployante signée d’origine (diam. 2,8 cm, poids brut : 137,50 g).


Domaine de la Romanée-Conti

Ce rendez-vous pascal a également permis aux amateurs de grands vins de puiser dans un catalogue riche de 2000 lots, dont le vainqueur s’avérait être un assortiment de quatre caisses comprenant 13 bouteilles, vendu pour 86800€. Toutes provenaient du domaine de la Romanée-Conti, au millésime de 2009 : une bouteille de romanée-conti, trois de la-tâche, deux de richebourg, deux romanée-saint-vivant, deux grands-échezeaux, deux échezeaux et une dernière de corton-prince Florent de Mérode.

Les documents :

Vins & Spiritueux85Tableaux77XX° siècle75Bijoux64Montres 45Arts décoratifs45
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