Henri Lebasque, le peintre de la joie de vivre - La Gazette Drouot

Henri Lebasque (1865-1937)
Henri Lebasque (1865-1937)
Véranda sur la plage de Cannes ou Le Bar de la plage

La douceur de vivre est la signature d’Henri Lebasque. Elle s’épanouit sous la langueur du soleil méditerranéen, illuminant ses tableaux avec subtilité. À la puissance de ses rayons, capables de sculpter et de diviser les formes en les réduisant à de simples contrastes d’ombre et de lumière, il préfère leur caresse paisible sur les corps et les paysages. Ses délicats dégradés de rose, de bleu et de mauve s’en font ici les interprètes. Ils dissolvent les sujets en les enveloppant d’une chaleur solaire qui irradie l’atmosphère. Lebasque évoque son intensité avec finesse, grâce à la ligne de parasols traversant la composition sur toute sa longueur : leur éclatante blancheur reflète un ciel sans nuages, dissimulé par la voile rayée de jaune d’or, déployée pour ombrager la terrasse du premier plan.

Cette douceur, qui irradie de ses oeuvres peintes sur la Côte d’Azur, ne demandait qu’à s’exprimer depuis ses débuts. Malgré ses amitiés nouées parmi les artistes fauves du Salon d’automne, auprès desquels il a exposé, il ne s’est pas laissé emporter par leur violence chromatique. Élève de Bonnat après son arrivée à Paris, en 1886, Lebasque a surtout été marqué par Renoir et Pissarro. Il a fait la connaissance de ce dernier en 1902, et n’a jamais oublié les leçons apprises auprès du maître impressionniste, en particulier l’harmonie des tons et les petites touches expressives. Il s’est d’ailleurs essayé quelque temps au pointillisme, à la faveur de sa rencontre avec Luce et Signac, en 1893. L’artiste, qui cherche sa propre voie, finira par la trouver dans le midi de la France, que lui fait découvrir Manguin.

À partir de 1906, la touche de Lebasque, plus libre, adopte de vaporeuses couleurs pastel à l’unisson d’une vie heureuse, dont il représente des instants choisis ayant pour cadre de paisibles villas, des jardins arcadiens, des bords de rivières ou des plages ensoleillées. Bien qu’il se rende encore en Vendée, en Bretagne et en Normandie, sa nouvelle terre d’adoption est désormais le littoral méditerranéen, entre Nice et Sanary. Saint-Tropez et Sainte-Maxime l'ont accueilli avant qu'il ne pose définitivement ses valises au Cannet, en 1924, près de Bonnard, alors que Matisse réside à Nice. Entre ses deux amis, le nabi et le fauve, il a développé un style personnel plein de fraîcheur, dont la sensibilité a été gage de son succès. Une rétrospective du musée des Ponchettes, à Nice, lui a rendu hommage en 1957, avant que son atelier ne soit dispersé à Drouot, en 1983.

Samedi 15 AOÛT. Cannes - BESCH CANNES AUCTION OVV.

Par Sophie REYSSAT

Article paru dans la Gazette Drouot du 24 Juillet 2020 - Page 6

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